
L'histoire
En février 1815, Edmond Dantès, un jeune marin de
dix-neuf ans, rentre à Marseille à bord du Pharaon,
un navire
marchand appartenant à l'armateur Morrel.
Ce dernier promet à Dantès de le nommer capitaine.
Dantès va ainsi pouvoir subvenir aux besoins de son vieux père et
épouser Mercedès, sa jolie fiancée catalane ; il est au comble du
bonheur. Mais son bonheur suscite la jalousie de Danglars (envieux de
son nouveau statut de capitaine) et de Fernand Montego (amoureux de
Mercedès). Les deux hommes, avec la complicité de Caderousse, vont
proférer une fausse accusation à l'encontre de Dantès, qui est
arrêté le jour de son repas de fiançailles. De Villefort,
substitut du procureur, l'interroge et, rapidement convaincu de son
innocence, s'apprête à le libérer lorsqu'il découvre que le jeune
homme détient une lettre qui risque de compromettre sa carrière.
Sacrifiant Dantès à son ambition, il le fait enfermer dans un
cachot du château d'If. Désespéré, Dantès songe à mourir
lorsqu'il parvient à entrer en communication avec un autre
prisonnier : l'abbé Faria. Ce prêtre italien érudit et plein de
sagesse va se prendre de sympathie pour Dantès et entreprendre son
éducation intellectuelle et spirituelle. C'est également l'abbé
Faria qui va l'aider à comprendre la machination dont il a été
victime et lui révéler sa possession d'un fabuleux trésor, caché
sur l'île de Monte-Cristo. A la mort de l'abbé Faria, Dantès prend
sa place dans le sac qui contient son cadavre et qui doit être jeté
à la mer. Retrouvant la liberté après quatorze ans de captivité,
et devenu richissime grâce au trésor que lui a légué l'abbé
Faria, Edmond Dantès qui prend le nom du Comte de Monte-Cristo, n'a
qu'une seule idée en tête : se venger de tous ceux qui ont brisé
sa vie.
Mon avis
Le comte de Monte-Cristo fait partie des œuvres
incontournables d'Alexandre Dumas. Elle compte aussi parmi les œuvres les plus
populaires de la littérature française et les plus adaptées dans le monde entier, notamment au cinéma.
Pivot de l'histoire, Dantès (alias le comte de Monte-Cristo) est un
personnage qui séduit, intrigue et fascine tout à la fois. Dès les premières
pages, on s'attache à ce jeune marin candide et idéaliste. Aussi, lorsqu’il se
retrouve injustement emprisonné dans un cachot du château d'If, on ne peut que
partager sa détresse. Et la compassion que l’on éprouve à son égard nous conduit
dès lors à partager toutes ses émotions : sa joie lorsqu’il parvient à
communiquer avec un autre prisonnier, sa colère lorsqu’il découvre qu’il a été
victime d’un infâme complot, et même son désir de vengeance. Mais la vengeance
peut-elle vraiment permettre de retrouver la paix intérieure ?
Le thème de la
vengeance est donc ici à l’honneur, et il faut reconnaître que notre mystérieux
comte de Monte-Cristo fait preuve d’une certaine intelligence et d’une grande
habileté pour accomplir son dessein. D’autres thèmes tels que l’amitié, l’amour, le
voyage, sont également abordés dans ce récit fertile en rebondissements et en
coups de théâtre.
Alors, certes, ce volumineux roman comporte quelques longueurs et redondances, mais qu’importe ! Dumas excelle dans l'art de conduire une intrigue et son roman se dévore avec un immense plaisir.
Mes citations préférées
"A tous maux il est deux remèdes : le temps et le
silence."
"Ce n'est point l'arbre qui quitte la fleur, c'est la
fleur qui quitte l'arbre."
"La jeunesse est une fleur dont l'amour est le fruit.
Heureux le vendangeur qui le cueille après l'avoir vu lentement
mûrir."
"Il y a une porte au bagne, il n'y en a pas à la
tombe."
"L'exaltation est presque l'enthousiasme, et
l'enthousiasme rend sensible aux choses de la terre."
"Les blessures morales ont cela de particulier
qu'elles se cachent mais ne se referment pas ; toujours douloureuses,
toujours prêtes à saigner, elles restent vives et béantes dans le
cœur."
"La mort est, selon le soin que nous prenons de nous
mettre bien ou mal avec elle, ou une amie qui nous berce aussi
doucement qu'une nourrice, ou une ennemie qui nous arrache violemment
l'âme du corps."
Quelques extraits
"C'était un jeune homme de dix-huit à vingt ans,
grand, svelte, avec de beaux yeux noirs et des cheveux d'ébène ; il
y avait dans toute sa personne cet air calme et de résolution
particulier aux hommes habitués depuis leur enfance à lutter contre
le danger."
"Ni Mercédès, ni Edmond ne voyaient ce mauvais
sourire de Fernand. Les pauvres enfants étaient si heureux qu'ils ne
voyaient qu'eux seuls et ce beau ciel qui les bénissait."
"Cette forme étrange, cette prison autour de
laquelle règne une si profonde terreur, cette forteresse qui fait
vivre depuis trois cents ans Marseille de ses lugubres habitations,
apparaissant tout à coup à Dantès qui ne songeait point à elle,
lui fit l'effet que fait au condamné à mort l'aspect de l'échafaud."
"Les larmes qui gonflaient sa poitrine jaillirent
comme deux ruisseaux ; il se précipita le front contre terre, et
pria longtemps, repassant dans son esprit toute sa vie passée, et se
demandant à lui-même quel crime il avait commis dans cette vie, si
jeune encore, qui méritât une si cruelle punition."
"Le tigre, qui verse le sang par nature, dont c'est
l'état, la destination, n'a besoin que d'une chose, c'est que son
odorat l'avertisse qu'il a une proie à sa portée. Aussitôt il
bondit vers cette proie, tombe dessus et la déchire. C'est son
instinct, et il y obéit. Mais l'homme, au contraire, répugne au
sang ; ce ne sont point les lois sociales qui répugnent au meurtre,
ce sont les lois naturelles."
"Il faut le malheur pour creuser certaines mines
mystérieuses cachées dans l'intelligence humaine ; il faut la
pression pour faire éclater la poudre. La captivité a réuni sur un
seul point toutes mes facultés flottantes çà et là ; elles se
sont heurtées dans un espace étroit ; et vous le savez, du choc des
nuages résulte l'électricité, de l'électricité l'éclair, de
l'éclair la lumière."
"Vous êtes mon fils, Dantès ! s'écria le vieillard
, vous êtes l'enfant de ma captivité, mon état me condamnait au
célibat : Dieu vous a envoyé à moi pour consoler à la fois
l'homme qui ne pouvait être père et le prisonnier qui ne pouvait
être libre."
"Et maintenant, dit l'homme inconnu, adieu bonté,
humanité, reconnaissance... Adieu à tous les sentiments qui
épanouissent le cœur ! … Je me suis substitué à la Providence
pour récompenser les bons... que le Dieu vengeur me cède sa place
pour punir les méchants !"
"Il est donc vrai que tous nos pays dans cette vie
ressemblent à la marche du reptile sur le sable et font un sillon !
Hélas ! Pour beaucoup, ce sillon est celui de leurs larmes."
"Je suis un marin, voyez-vous ; tout enfant, j'ai été
bercé dans les bras du vieil Océan et sur le sein de la belle
Amphitrite ; j'ai joué avec le manteau vert de l'un et la robe
azurée de l'autre ; j'aime la mer comme on aime une maîtresse, et
quand il y a longtemps que je ne l'ai vue, je m'ennuie d'elle."
"Il n'y a ni bonheur, ni malheur en ce monde, il y a
la comparaison d'un état à un autre, voilà tout. Celui-là seul
qui a éprouvé l'extrême infortune est apte à ressentir l'extrême
félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir
combien il est bon de vivre."
"Relevez-vous, dit le comte, vous avez la vie sauve :
pareille fortune n'est pas arrivée à vos deux autres complices :
l'un est fou, l'autre est mort !"
Ma note